22/11/2006

{ Brrr... éè }

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C’était terriblement douloureux.

La comptable devait aller chercher un futur stagiaire de son service à l’hôpital, et je l’ai accompagnée. Parce que ma compagnie est très recherchée, voyez vous… Hâeum, parce que j’ai la pêche en fait et que quelqu’un à l’amour mordant de la vie comme moi c’est apprécié dans une entreprise, surtout que ces petites mémères de bureau me racontent toute leur vie, sans que je n’en chipe un seul commentaire de travers en présence hostile. En présence tout court. J’suis l’oreille rêvée des petites mamies au téléphone * rire* .

 

Bref, le rire actuel n’était pas au rendez vous, le jour m’échappe. C’était la semaine dernière.

L’hôpital de Cléon, énorme et gigantesque labyrinthe coloré aux odeurs d’éther, de souvenirs, de larmes, de soupirs. De songes. Endroit vraiment détesté, exécré, haït.

 

On avance dans les couloirs, chirurgie était recherché, et on a du passer par Maternité et Dernier soins.

Dans le couloir de ce dernier, des lits dans les couloirs avec des personnes gémissantes dans de grands lit en métal couvert d’une couverture jaune en laine.

 

Et puis une infirmière et un infirmier qui descende une Personne âgée de son lit en la portant. Sa peau était flétrie, comme un pétale de rose, à l’aspect autant soyeux que fatigué, d’une beauté silencieuse, muettement mourante. Des yeux bleus comme l’azur d’un néant océanique. Des lèvres pincées, tremblantes, des lèvres qui ont dû prononcer tant de mots d’amour, tant de douceur. Ses mains, griffues, comme des branches de chêne las qui ornerait la forêt cauchemar de Blanche Neige. Son parfum, le savon, la simplicité. La lessive. Elle a chuchoté alors qu’on la mettait dans un fauteuil roulant « J’ai peur… » et là je suis restée bloquée. Complètement tétanisée, les larmes aux yeux, la boule grandissant dans la gorge, le cœur lourd et terriblement douloureux, plein d’une atroce lave qui pulse pour exploser. Je ferme les yeux, je baisse la tête, accélère. L’infirmière : « Ne vous inquiétez pas Madame ! Tout va très bien se passer. » Oui oui Madame, très bien ! Un lit de libéré. C’est ça ?

J’ai mal.

On l’expédie comme ça dans un tire fesse de la mort, en regardant la cime avec la main au dessus des yeux pour pas s’éblouir, et on dit… « Pfiou, arrivée là haut, elle aura fait son temps. » Et sans amour, avec une tape au cul, là voilà qui est expédié vers l’abandon, vers la salle d’attente de la Mort avec pas un seul mot de douceur, simplement des dames en blanc qui font leur boulot, qui transporte des choses de chairs qui pleurent et gigotent.

PUTAIN ! …

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19:01 Écrit par [ 'Nis ] | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

oui... les gens sont comme ca maintenant, ils se foutent du bien des malades.. J'veux pas devenir comme elles... :(

Écrit par : nanou | 22/11/2006

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